Josip STALIN
Discours au XIX° congrès du PC(b) de l'URSS
Camarades!
Permettez-moi de remercier au nom de notre Congrès tous les partis et groupes frères dont les représentants ont honoré notre Congrès de leur présence ou qui lui ont adressé des messages de salutations, pour leurs saluts amicaux, pour leurs voeux de succès, pour leur confiance. (Vifs applaudissements prolongés.)
Cette confiance nous est particulièrement précieuse, car elle exprime la détermination de soutenir notre Parti dans sa lutte pour l'avenir radieux des peuples, dans sa lutte contre la guerre, dans sa lutte pour le maintien de la paix. (Vifs applaudissements prolongés.)
Ce serait une erreur de croire que notre Parti, devenu une force puissante, n'a plus besoin de soutien. C'est faux. Notre Parti et notre pays ont toujours eu et auront toujours besoin de la confiance, de la sympathie et du soutien des peuples frères à l'étranger.
La particularité de ce soutien, c'est que chaque fois qu'un parti frère soutient les aspirations pacifiques de notre Parti, il soutient en même temps son propre peuple dans sa lutte pour le maintien de la paix.
Quand en 1918-1919, lors de l'agression armée de la bourgeoisie anglaise contre l'Union soviétique, les ouvriers anglais organisèrent la lutte contre la guerre sous le mot d'ordre : "Bas les mains devant la Russie", ce fut un soutien, avant tout un soutien pour la lutte de leur peuple pour la paix, et aussi, ensuite, un soutien pour l'Union soviétique. Quand le camarade Thorez ou le camarade Togliatti déclarent que leur peuple ne fera pas la guerre aux peuples de l'Union soviétique (vifs applaudissements), c'est un soutien, avant tout un soutien pour les ouvriers et les paysans de France et d'Italie qui luttent pour la paix, et aussi, ensuite, un soutien pour les aspirations pacifiques de l'Union soviétique. Cette particularité du soutien mutuel tient au fait que les intérêts de notre Parti, loin d'être en contradiction avec les intérêts des peuples épris de paix, se confondent au contraire avec eux. (Vifs applaudissements.) Quant à l'Union soviétique, ses intérêts sont d'une façon générale inséparables de la cause de la paix dans le monde entier.
On comprend que notre Parti ne peut demeurer en reste à l'égard des partis frères et qu'il doit lui-même, à son tour, les soutenir, ainsi que leurs peuples, dans leur lutte pour la libération, dans leur lutte pour le maintien de la paix. Comme on sait, c'est précisément ce qu'il fait. (Vifs applaudissements.) Après la prise du pouvoir par notre Parti en 1917 et après que le Parti eut pris des mesures concrètes pour liquider le joug des capitalistes et des grands propriétaires fonciers, les représentants des partis frères, admirant le courage et les succès de notre Parti, lui décernèrent le titre de "brigade de choc" du mouvement révolutionnaire et ouvrier mondial. Ils exprimaient ainsi leur espoir que les succès de la "brigade de choc" soulageraient la situation des peuples languissant sous le joug du capitalisme. Je pense que notre Parti a justifié ces espoirs, surtout dans la période de la deuxième guerre mondiale, lorsque l'Union soviétique, après avoir écrasé la tyrannie fasciste allemande et japonaise, a délivré les peuples d'Europe et d'Asie de la menace de l'esclavage fasciste. (Vifs applaudissements.)
Certes, ce rôle d'honneur était très difficile à remplir tant que la "brigade de choc" était seule et unique et tant qu'il lui fallait remplir ce rôle d'avant-garde presque seule. Mais cela relève du passé. Maintenant il en est tout autrement. Maintenant que, de la Chine et de la Corée à la Tchécoslovaquie et à la Hongrie, sont apparues de nouvelles "brigades de choc" sous la forme des pays de démocratie populaire, maintenant la lutte de notre Parti est devenue plus facile et le travail lui-même se fait plus gaiement. (Vifs applaudissements prolongés.)
Une attention particulière mérite d'être accordée aux partis communistes, démocratiques ou ouvriers et paysans qui ne sont pas encore arrivés au pouvoir et qui continuent de travailler sous le talon des lois draconiennes bourgeoises. Leur travail est évidemment plus difficile. Pourtant il n'est pas aussi difficile que le fut le nôtre, le travail des communistes russes dans la période du tsarisme, alors que le moindre pas en avant était qualifié de crime des plus graves. Pourtant les communistes russes ont tenu bon, n'ont pas eu peur des difficultés et ont remporté la victoire. Il en sera de même pour ces partis.
Pourquoi, néanmoins le travail de ces partis ne sera-t-il pas aussi difficile que celui des communistes russes de la période du tsarisme ?
Premièrement, parce qu'ils ont sous les yeux les exemples de lutte et de succès de l'Union soviétique et des pays de démocratie populaire. Par conséquent, ils peuvent tirer profit des erreurs et des succès de ces pays et faciliter ainsi leur travail.
Deuxièmement, parce que la bourgeoisie elle-même, principal ennemi du mouvement de libération, est devenue autre, qu'elle s'est grandement modifiée, est devenue plus réactionnaire, a perdu ses liens avec le peuple et s'est par là même affaiblie. On comprend que cela doive également faciliter le travail des partis révolutionnaires et démocratiques. (Vifs applaudissements.)
Auparavant la bourgeoisie se permettait d'être libérale, elle défendait les libertés démocratiques bourgeoises et se rendait ainsi populaire auprès du peuple. Maintenant il ne reste même plus trace de libéralisme. Ce qu'on appelle la "liberté de l'individu" a disparu - les droits de l'individu ne sont plus reconnus maintenant qu'aux possesseurs d'un capital, tandis que tous les autres citoyens sont considérés comme du matériel humain brut tout juste bon à être exploité. Le principe de l'égalité des hommes et des nations est piétiné, il est remplacé par le principe : tous les droits à la minorité d'exploiteurs et aucun droit à la majorité exploitée des citoyens. Le drapeau des libertés démocratiques bourgeoises est jeté par-dessus bord. Je pense que c'est vous, représentants des partis communistes et démocratiques, qui devez relever ce drapeau et le porter en avant si vous voulez rassembler autour de vous la majorité du peuple. Nul autre que vous ne peut le relever. (Vifs applaudissements.)
Auparavant la bourgeoisie était considérée comme le chef de la nation, elle défendait les droits et l'indépendance de la nation, les plaçant "au-dessus de tout". Maintenant il ne reste même plus trace du "principe national". Maintenant la bourgeoisie vend les droits et l'indépendance de la nation pour des dollars. Le drapeau de l'indépendance nationale et de la souveraineté nationale est jeté par-dessus bord. Il ne fait pas de doute que ce drapeau, c'est vous, représentants des partis communistes et démocratiques, qui devrez le relever et le porter en avant si vous voulez être des patriotes, si vous voulez devenir la force dirigeante de la nation. Nul autre que vous ne peut le relever. (Vifs applaudissements.)
Telle est actuellement la situation.
On comprend que tout cela doive faciliter le travail des partis communistes et démocratiques qui ne sont pas encore arrivés au pouvoir.
Par conséquent il y a toutes raisons d'escompter des succès et des victoires des partis frères dans les pays de la domination du capital (Vifs applaudissements.)
Vivent nos partis frères! (Applaudissements.)
Bonne santé et longue vie aux dirigeants des partis frères. (Applaudissements prolongés.)
Vive la paix entre les peuples! (Applaudissements prolongés.)
A bas les fauteurs de guerre!
(Tous les assistants se lèvent. Tempête d'applaudissements qui se transforment en une longue ovation : "Vive le camarade Staline!", "Hourra pour le camarade Staline!", "Vive le grand guide des travailleurs du monde, le camarade Staline!", "Hourra pour le grand Staline!" , "Vive la paix entre les peuples!")
J. Staline, "Les problèmes économiques du socialisme en URSS, suivi du Discours au XIX° congrès du Parti communiste de l'Union soviétique", éditions sociales, 1952, pp. 107-111.
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